Hinoe uma : quand le zodiaque fait baisser la natalité
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Vous connaissiez probablement les douze signes du zodiaque chinois ainsi que ses soixante combinaisons, mais saviez-vous que l'une d'elle était particulièrement redoutée au Japon ? Éclairage sur l'année du hinoe uma, le cheval de feu !
Qu'est-ce que c'est, le zodiaque chinois ?
Selon le cycle sexagésimal chinois, un système complexe de numérotation des unités de temps, ce dernier est découpé en dix tiges célestes et douze branches terrestres. On l'utilise pour marquer les années, mais également les mois, jours ou heures. Les tiges célestes sont représentés par les cinq éléments (feu, eau, bois, métal, terre) ayant chacun des versants yin et yang. On les associe aux branches terrestres, qui sont elles représentées entre autres par douze animaux.
Par exemple, étant né en 2003, mon signe du zodiaque exact est la chèvre d'eau, ou mizunoto hitsuji. Et ce cycle se répète tout les soixante ans ! Pas simple de s'y retrouver…
Et le cheval de feu, dans tout ça ?
Une des combinaisons, celle du cheval de feu, est particulièrement redoutée dans les croyances populaires japonaises. On prête en effet aux petites filles nées ces années-là une nature de mauvaise augure.
L'un des évènements les plus connus lié à cette superstition est sans doute le cas de Yaoya Oshichi, une fille de primeur ayant vécu dans la capitale Edo à la fin du 17e siècle. On raconte qu'elle serait tombée amoureuse d'un homme durant le grand incendie de l'ère Tenna, en 1962. L'année suivante, dans l'espoir de retrouver son bien-aimé, elle fut condamnée au bûcher pour avoir tenté de propager un nouvel incendie.
Âgée de seulement 16 ans, le magistrat aurait essayé de l'épargner en lui demandant si elle en avait 15, les enfants ne pouvant être condamnés à mort à cet âge là. Il faut dire qu'elle était née en 1666, l'année du cheval de feu. Oshichi ne comprit vraisemblablement pas le magistrat et confirma son véritable âge, devenant par la suite une héroïne tragique du théâtre classique japonais.
Les conséquences sur la démographie japonaise
On dit que les superstitions sont tenaces, et ce n'est pas le cheval de feu qui nous dira le contraire. En plus d'être associées aux incendies, les femmes nées cette année-là étaient également accusées de dilapider l'argent de leurs maris, voir même de les tuer !
La tradition s'est maintenue après la fin de la période d'Edo, notamment en 1906 durant l'ère de Meiji, où les naissances ont chuté de 4%. Le grand écrivain Natsume Sōseki écrivit d'ailleurs un roman sur le sujet, et le romancier Sakaguchi Ango, né cet année là, pensait que la superstition ne partirait pas.
Et ce fut le cas en 1966, où la population chuta cette fois-ci de 25%, et ce même en plein baby boom ! Les autorités japonaises tentèrent de freiner cette chute démographique, notamment en dénigrant cette pratique comme faisant partie du passé.
Et aujourd'hui, comment ça se passe ?
Hasard du calendrier, nous avons ouvert Waretoro, boutique japonaise en 2026... soit soixante ans après 1966 ! Mais pas d'inquiétude : la Banque mondiale estimait en 2019 que la natalité ne serait pas impactée, celle-ci étant déjà sur le déclin.
Et vous, qu'en pensez-vous ? Êtes-vous du signe du cheval de feu ou d'un tempérament explosif ? En attendant, vous pouvez consulter nos articles liés au zodiaque, comme ce magnifique ema de l'année 1969 et ses magnifiques coqs, ou bien cet ema représentant Kokūzō, protecteur de l'année du tigre de terre.